D’une part, lorsque Gazonor a été acheté par EGL puis par TRANSCOR, ces deux entreprises ne visaient pas l’exploitation de gaz de mine ; elles visaient les deux permis d’exploration accordés à gazonor pour les gaz de couche.D’autre part, lorsque les gaz de mine étaient rentables, gazonor a empoché de gros bénéfices ; maintenant que c’est moins rentable, on subventionne avec l’argent de tous !

Pour ces deux raisons, il est scandaleux de subventionner cette électricité.

De plus, produire de l’électricité à partir d’énergie fossile est, selon les scientifiques, une ineptie, tant il en résulte des pertes d’énergie considérables ; c’est aussi un non-sens au moment où la sagesse voudrait que l’on s’engage dans la réduction des gaz à effet de serre. Ces gaz de mine, dont la qualité diminue, auraient pu être vendus à de gros consommateurs comme certains industriels par exemple !

Mais cette subvention cache un fait beaucoup plus pervers encore.

Dès le lendemain, de cette publication, on voit, sur le site d’EDF, apparaitre un document inquiétant. Dans ce document, on parle d’ EGL et des formidables réserves de gaz de houille !!! Sauf qu’il s’agit là de gaz de couche !!

Il n’aura pas fallu longtemps pour glisser des gaz de mine aux gaz de couche !

Dans le Nord/Pas-de-Calais, trois projets de centrales à gaz ont été déposés. Quand on sait que le rendement des gaz de mine diminue, il ne faut pas être naïf : avec quoi va-t-on alimenter ces centrales à gaz ?? On sait que les gaz de couche ne seraient pas d’excellente qualité ; peut-être pas suffisamment pour les injecter dans le réseau ?

Au moment où EGL (société privée britannique, à capitaux européens) cherche désespérément des investisseurs pour faire des forages, (deux millions d’euros par forage ; quatre forages prévus dans le Nord et quatre en Lorraine) on peut légitimement s’interroger sur la finalité de cette subvention : allons-nous financer ces forages avec nos factures d’électricité ?

Comme le prône ce cher député Bataille, on s’engage ainsi vers l’exploitation des gaz de couche sans aucune concertation avec les habitants : quel mépris !

On sait que, partout dans le monde, les pétroliers font de la fracturation hydraulique lorsque le rendement des gaz de couche diminue. Mais EGL s’en défend puisque c’est TRANSCOR qui fera l’exploitation via gazonor ;  toutefois, si les forages à branches horizontales sont réalisés, tout sera prêt pour fracturer la roche.

N’oublions pas qu’une question prioritaire de constitutionnalité a été déposée par les avocats de la compagnie Schuepbach à propos de la loi de juillet 2011 interdisant la fracturation hydraulique. Le conseil constitutionnel a maintenant trois mois pour rendre son verdict ; en cas de déclaration d’inconstitutionnalité de la loi, il n’y aura plus de problème pour exploiter les gaz de couche !!

Pour le collectif « houille-ouille-ouille 59/62 », il n’est pas question d’envisager une quelconque exploration du gaz de couche –prélude à l’exploitation de ce gaz-.L'exploitation des gaz de roche-mère entraîne de façon quasi inévitable, avec ou sans fracturation hydraulique :

·       - la pollution des nappes phréatiques alentours par les produits enfermés depuis des millénaires dans la roche-mère(méthane, arsenic, soufre, métaux lourds, éléments radioactifs),

·         - le saccage du paysage,

·         - un bilan carbone pire que le charbon,

·         - des risques de sismicité,

·         - la pollution de l’air avec ses conséquences sur la santé.

 Nous refusons l’exploration du gaz de houille envisagée par la société EGL.

Les populations de ces territoires s'inquiètent vivement des nuisances immenses inévitablement liées à l'extraction des hydrocarbures non-conventionnels.

Nous affirmons que la priorité doit résider dans l’efficacité et la sobriété énergétique : nos besoins du présent ne doivent pas compromettre la capacité des générations futures à satisfaire les leurs.

Nous ne voulons pas du gaz de couche : ni ici, ni ailleurs, ni aujourd’hui ni demain

 

Collectif houille-ouille-ouille 59/62


 

Communiqué daté  du 16 juillet 2013