Le permis de Château-Thierry octroyé en septembre 2009 est valide jusqu’en 2014, pour une première période de 5 ans. A la fin de cette période,  Hess devra abandonner 50% du périmètre autorisé dans le permis initial, pour une seconde période de 5 ans. Les investissements futurs, au moins équivalents à la somme qui a déjà été investie, seront donc concentrés sur cette partie restante. Cette reconduction devra être soumise à autorisation ministérielle par arrêté. Le permis exclusif de recherches pourra être reconduit une troisième fois pour une nouvelle période de 5 ans, le périmètre étant à nouveau modifié.

Concernant le site de Rozoy-Bellevalle : … "il n’y a plus de secret sur le site lui-même " …confirme le directeur de Hess (suite aux déclarations contradictoires faites lors de deux réunions publiques dans les mois qui viennent de s'écouler). Carte à l'appui, l'emplacement exact du site nous est montré. Le site se situe à quelques centaines de mètres de celui initialement prévu, sur la même propriété, en bordure de la Départementale 1, à 500 mètres des premières habitations. L'emplacement est déterminé par une géologue. Les motivations de cette délocalisation s’expliquent par le souhait d’être en dehors d’une ZNIEFF 2 (zone nationale d’intérêt écologique faunistique et floristique) et à l’écart d’un étang.

L'Attachée parlementaire, Guilaine Lemaire intervient pour rappeler qu'elle et le Député restent fermement opposés à toute forme de forage, fracturation hydraulique ou pas, tout comme Georges Fourré qui intervient pour défendre le département, engagé dans une démarche d'écotourisme et de valorisation du territoire. Il indique qu'une motion va être déposée par le Conseil Général. Il rappelle que la D1 n'est qu'une départementale et qu'à ce titre, elle ne peut supporter qu'un trafic limité. Le collectif Carmen exprime à son tour sa ferme opposition au passage en force des pétroliers et aux conditions de délivrance des permis qui ont été réalisées sans concertation. Pour le collectif Carmen, la situation n’a pas évolué, depuis deux ans et demi, dans le sens où nous n’avons eu accès à aucune information. L'arrêté préfectoral portant mesures de police intervient alors que la réforme du Code Minier n’a pas eu lieu et que le débat décentralisé sur la transition énergétique est en cours.

Il est rappelé par Eric Mangin qu'à la réunion de la Communauté de Communes de Condé en Brie, en mars 2011, la société Toréador avait clairement expliqué son intention d'utiliser la fracturation hydraulique dans la roche-mère devant les Elus présents, quelques mois seulement avant la loi de 2011, qui a fini par interdire cette technique.

Mme le Maire de Rozoy-Bellevalle s’étonne  du programme de Hess car un forage à déjà eu lieu en 1988 à Rozoy-Bellevalle. Les documents du BRGM concernant ce forage sont produits par le collectif Carmen qui évoque la profondeur du forage de l'époque (2200 mètres), ainsi que les résultats qui se sont avérés négatifs. La société Hess précise que les techniques et les mesures prises à cette époque ont évolué et qu'ils veulent essayer de comprendre et d’analyser la transition géologique qui s'est opérée dans le Bassin Parisien sur une ligne Huiron, Chartronges, Jouarre et Rozoy.

La loi du 13 juillet 2011 est évoquée. Le collectif Carmen fait part de sa fragilité et du fait que pour les collectifs de citoyens, l'installation de ces plateformes constitue une façon pour les pétroliers d'avancer "leurs pions" dans l'éventualité où la loi, aujourd'hui fragilisée, changerait ou si la nomination de la Commission nationale de suivi des techniques d'exploration rendait possible la mise en œuvre d'expérimentations à des fins de recherche scientifique.

L’association les Intouchables exprime l’inquiétude très perceptible des habitants ainsi que la dangerosité de la Départementale 1 à l’endroit même où sont prévus les travaux. Des comptages réalisés par leurs soins relèvent 70 camions par heure. Cette dangerosité de la D1 est relayée par Mme Semof. Le collectif Carmen rappelle que la commune de Rozoy-Bellevalle ne sera pas la seule impactée, mais aussi les autres communes autour (Fontenelle, Montfaucon, Viffort, etc..). Hess précise que s'il est nécessaire, un plan de route est réalisé pour le cheminement des camions et des convois exceptionnels.

Le forage d’exploration aurait une durée d’environ 3 mois, une superficie d’environ 25000 m2 et nécessiterait la présence de 20 à 40 personnes, selon les jours, sept jours sur sept. Le puits serait foré à une profondeur de 3000 mètres. Le représentant de la société Hess déclare travailler avec la société Cofor,  mais il ne sait pas encore si c’est cette société qui forera, si forage il y a. La société Hess ajoute que ses puits « sont les meilleurs du Bassin Parisien ».

Le collectif de citoyens Carmen, ensuite, fait lecture des diverses questions qu'il a préparées relatives à l'arrêté préfectoral. Les représentants des services de l’Etat indiquent qu'ils sont en mesure de fournir les réponses que le collectif Carmen  attend, en  en faisant la demande écrite. Le collectif Carmen demande également plusieurs documents en rapport avec les travaux : la Sous-préfète s’engage à les transmettre au collectif en toute transparence. La Société Hess indique également qu'elle répondra au collectif Carmen si celui-ci la sollicite. Le collectif demande  également à ce que les résultats des contrôles, les diagraphies, les comptes-rendus soient rendus publics par l'intermédiaire de la mairie de Rozoy-Bellevalle, la ministre y étant favorable. Les services de la Driee donnent une acceptation de principe. Le collectif précise que plusieurs autres demandes de permis dans l'Aisne, dont l’instruction est terminée, sont soumises actuellement à la signature de Delphine BATHO qui a besoin de renseignements complémentaires. Le collectif souhaite obtenir des renseignements sur l’instruction en cours de la demande de permis dit « de Soissons », une réponse devrait lui être donnée prochainement.

Madame la Sous-préfète propose à tous les intervenants de se retrouver autour de la table, pour faire un point, d'ici fin 2013, ce qui a été entériné d'un commun accord. Puis, la presse est invitée à venir pour un point "presse" en présence de toutes les parties.

Le collectif de citoyens Carmen remercie Madame la Sous-préfète pour l'organisation de ce rendez-vous, son écoute et sa disponibilité.

Benoît Périn

Christine Lecque

Pour visualiser les questions posées à ce rendez-vous, cliquez ci-dessous :

QuestionsSP250613.pdf