Car prétendre financer le verdissement de l’économie en augmentant l’exploitation d’énergies fossiles est une contradiction dans les termes. Difficilement compatible, de plus, avec les objectifs nationaux de réduction des émissions de gaz à effet de serre, et de protection des océans – sujet de négociation à… Rio+20.

« Je regarde cela de très près, expliquait Nicole Bricq, mercredi 13 juin, lors d’un point presse sur le sommet onusien, peut-être quelques mesures pourraient être prises pour la protection de la faune marine. » Autre élement troublant : la ministre s’est gardée de faire état de sa décision lors de cette conférence de presse, alors qu’elle avait là matière à valoriser sa décision de geler les permis de Guyane.

Curieusement, un communiqué de Frédéric Cuvillier, ministre des transports, témoigne de la même tendance à l’auto-dévalorisation. Annonçant le 5 juin l’abandon du projet de contournement routier de Strasbourg, vieille revendication des écologistes très opposés à ce grand chantier vu comme un accélérateur de trafic automobile, le ministre prend la peine de préciser en toutes lettres : « ce n’est donc pas l’État qui renonce au projet de contournement de Strasbourg, c’est le concessionnaire qui n’a pas répondu à l’offre dans les temps.» Là encore, le gouvernement avait de quoi mettre en avant une décision écologique. Il a préféré ne pas le faire. Reste à comprendre si c’est par peur d'irriter les industriels ou par aveu de faiblesse.