Le fait que la ministre de l'Environnement perde son premier arbitrage est de très mauvais augure pour la future conférence environnementale, le débat sur la transition énergétique et la réforme du code minier, soulignent les ONG de protection de la nature et de l'environnement.

Le 13 juin, Mme Bricq annonçait avoir décidé avec son collègue du Redressement productif Arnaud Montebourg une remise à plat des permis de forage de Guyane. Je remets à plat tous les permis, déclarait-elle. Je remets donc à plat le permis de la société Shell en Guyane, ajoutait-elle, mettant en avant l'attachement du gouvernement à la protection de la faune marine et de l'environnement sur lequel elle affirmait ne disposer d'aucune garantie.

Depuis cette annonce, plusieurs communiqués gouvernementaux avaient semé le doute. Et mercredi soir, des parlementaires guyanais affirmaient que les arrêtés préfectoraux autorisant Shell à procéder à ses forages exploratoires à 150 km au large de Cayenne avaient été signés.

Que s'est-il passé pour qu'en 8 jours à peine les autorités françaises passent d'une décision de remise à plat de tous les permis à celles de délivrer les autorisations nécessaires à Shell ?, s'interrogent les organisations environnementales.

La plus grande transparence doit être faite sur les raisons avancées pour justifier ce revirement, ajoutent-elles.

Dans leur communiqué les ONG estiment aussi qu'il y a de quoi douter de la sincérité de la France dans les discussions au Sommet sur le développement durable réuni actuellement au Brésil.

Cet arbitrage (sur les forages en Guyane) tombe alors même que simultanément la France se veut fer de lance à Rio dans le plaidoyer pour les océans et la gouvernance de la haute mer, soulignent-elles.